Revenir au site

10 chorégraphes célèbres qui ont marqué la danse

· societe

chorégraphes célèbres Broadway comédie musicale
Broadway : le laboratoire où la comédie musicale moderne s'est inventée.
TL;DR — Bob Fosse, Jerome Robbins, Michael Bennett, Susan Stroman, Andy Blankenbuehler, Twyla Tharp, Rob Marshall, Casey Nicholaw, Savion Glover et Kamel Ouali : voici les 10 chorégraphes qui ont le plus transformé la comédie musicale et la danse aux XXe et XXIe siècles. Chacun a inventé un langage chorégraphique unique, de Broadway à Hollywood en passant par les scènes françaises.

Les chorégraphes célèbres à retenir absolument

NomStyleŒuvre emblématiqueÉpoque
Bob FosseJazz, burlesque, sensualitéChicago, Cabaret1950–1987
Jerome RobbinsBallet narratif, comédie musicaleWest Side Story, Fiddler on the Roof1944–1998
Michael BennettThéâtre-danse émotionnelA Chorus Line, Dreamgirls1966–1987
Susan StromanComédie visuelle, narrationThe Producers, Contact1987–présent
Andy BlankenbuehlerHip-hop, fusion contemporaineHamilton, In the Heights2000–présent
Twyla TharpFusion classique/contemporainMovin' Out (Billy Joel)1965–présent
Rob MarshallCinéma musical, spectaculaireChicago (film 2002), Nine1990–présent
Casey NicholawComédie, énergie pureThe Book of Mormon, Aladdin2005–présent
Savion GloverClaquettes, tap-danceBring in 'da Noise1982–présent
Kamel OualiComédie musicale française, cabaretLes Dix Commandements, Le Roi Soleil2000–présent

Pourquoi ces chorégraphes ont changé la danse pour toujours

scène de comédie musicale théâtre Broadway rideau rouge
Derrière chaque spectacle légendaire, un chorégraphe qui a osé briser les codes.

Broadway est bien plus qu'une rue new-yorkaise. C'est le laboratoire mondial de la comédie musicale : un endroit où la danse, le chant et la mise en scène fusionnent pour raconter des histoires qui marquent des générations.

Derrière chaque spectacle légendaire, il y a un chorégraphe connu qui a osé briser les codes. Certains ont inventé un style si distinctif qu'on le reconnaît en quelques secondes : le genou rentré de Fosse, les claquettes percussives de Glover. D'autres ont révolutionné la façon dont la danse raconte une histoire, comme Robbins avec West Side Story ou Bennett avec A Chorus Line.

Ces dix artistes ne sont pas seulement des chorégraphes célèbres : ce sont des architectes culturels. Leur influence se retrouve dans chaque comédie musicale contemporaine, chaque clip vidéo, chaque spectacle de danse professionnel. Vous pouvez aussi découvrir les danses espagnoles emblématiques qui ont, elles aussi, façonné l'histoire de la danse mondiale.


Les 10 chorégraphes célèbres incontournables

1. Bob Fosse : le génie du style jazz

1927–1987 · Jazz, burlesque, sensualité · 8 Tony Awards
danse jazz chapeau melon silhouette style Bob Fosse
Chapeau melon, épaules voûtées, gants blancs : la signature visuelle du style Fosse.

Bob Fosse (23 juin 1927 – 23 septembre 1987) est sans doute le chorégraphe le plus reconnaissable de l'histoire de Broadway. Né à Chicago, il commence à danser professionnellement dès l'âge de 13 ans dans des cabarets locaux, exposé très tôt aux codes du vaudeville et du burlesque.

Son style est immédiatement identifiable : genoux rentrés vers l'intérieur, épaules voûtées, chapeaux melon, gants blancs, et ces fameux « jazz hands » aux doigts écartés. Il transforme la sensualité en langage chorégraphique, poussant les limites de ce que Broadway acceptait à l'époque.

Sa carrière décolle en 1954 avec The Pajama Game, qui lui vaut son premier Tony Award pour la meilleure chorégraphie. Il enchaîne les succès : Damn Yankees (1955), Redhead (1959), Sweet Charity (1966), Pippin (1972)…

1973, son année absolue. Il devient la seule personne dans l'histoire du spectacle à remporter un Oscar (pour Cabaret), un Tony (pour Pippin) et un Emmy (pour Liza with a Z) la même année. Un exploit qui n'a jamais été égalé.

En 1975, il signe Chicago : une comédie musicale sur deux meurtrières qui manipulent la presse pour obtenir l'acquittement. Le spectacle, co-écrit et chorégraphié par Fosse, devient un classique absolu. Sa reprise en 1996 tourne encore aujourd'hui sur Broadway.

Son film autobiographique All That Jazz (1979), où il met en scène sa propre vie de chorégraphe autodestructeur, remporte la Palme d'Or à Cannes en 1980. Fosse remporte au total 8 Tony Awards pour la chorégraphie, un record à Broadway.

Il décède d'une crise cardiaque le 23 septembre 1987, à Washington D.C., à 60 ans. Son héritage est immense : la série Fosse/Verdon (FX, 2019) avec Sam Rockwell lui a rendu hommage, et Chicago continue de se jouer partout dans le monde.


2. Jerome Robbins : l'innovateur narratif

1918–1998 · Ballet narratif et comédie musicale · 5 Tony Awards, 2 Oscars
ballet narratif chorégraphie de groupe comédie musicale
Robbins comprend avant tout le monde que la danse peut porter le récit, pas seulement l'illustrer.

Jerome Robbins (11 octobre 1918 – 29 juillet 1998) est l'un des rares artistes à avoir dominé à la fois le ballet classique et la comédie musicale de Broadway. Né Jerome Wilson Rabinowitz à New York, il commence comme danseur de ballet avant de rejoindre l'American Ballet Theatre en 1940.

Sa première chorégraphie, le ballet Fancy Free (1944), est un succès immédiat et donne naissance à la comédie musicale On the Town. Robbins comprend avant tout le monde que la danse peut raconter une histoire, pas seulement l'illustrer.

Son chef-d'œuvre arrive en 1957 : West Side Story. Il conçoit, dirige et chorégraphie ce drame inspiré de Roméo et Juliette, transposé dans les gangs de rue new-yorkais. La musique de Leonard Bernstein, les paroles de Stephen Sondheim et la chorégraphie de Robbins créent quelque chose de radicalement nouveau. Le spectacle remporte le Tony Award de la meilleure chorégraphie en 1958.

La version cinématographique de 1961, co-réalisée avec Robert Wise, lui vaut deux Oscars, dont celui du meilleur réalisateur. Robbins est alors au sommet.

En 1964, il signe Fiddler on the Roof (Un violon sur le toit), autre monument de Broadway. Puis il se consacre presque exclusivement au ballet, créant plus de 60 ballets pour le New York City Ballet, dont Dances at a Gathering (1969) et Glass Pieces (1983).

En 1989, son spectacle-rétrospective Jerome Robbins' Broadway remporte 6 Tony Awards, dont meilleure comédie musicale et meilleur metteur en scène. Au total, il cumule 5 Tony Awards, 2 Oscars, les Kennedy Center Honors (1981), la Médaille nationale des Arts (1988) et la Légion d'honneur française.

Il décède en juillet 1998, laissant une œuvre qui continue d'influencer chaque chorégraphe de comédie musicale formé depuis.


3. Michael Bennett : l'architecte de l'émotion

1943–1987 · Théâtre-danse émotionnel · 7 Tony Awards, 1 Prix Pulitzer
audition de danseurs sur scène comédie musicale A Chorus Line
La ligne d'audition : le dispositif qui a fait d'A Chorus Line un phénomène.

Michael Bennett (8 avril 1943 – 2 juillet 1987) est né Michael DiFiglia à Buffalo, dans l'État de New York. Il abandonne l'école à 16 ans pour rejoindre une tournée de West Side Story dans le rôle de Baby John — un début qui dit tout de sa trajectoire.

Sa méthode de travail est révolutionnaire. Plutôt que de partir d'un script, il enregistre des dizaines d'heures d'entretiens avec des danseurs de Broadway, les « gypsies », et construit son spectacle à partir de leurs vies réelles. C'est ainsi que naît A Chorus Line en 1975.

A Chorus Line remporte 9 Tony Awards et le Prix Pulitzer de théâtre en 1976, et tient l'affiche pendant 6 137 représentations — un record à Broadway pour l'époque.

La chorégraphie de Bennett fusionne danse contemporaine et style Broadway pour créer quelque chose d'entièrement nouveau.

En 1981, il récidive avec Dreamgirls, une épopée sur un groupe de filles inspiré des Supremes. Les critiques notent qu'il a chorégraphié non seulement les danseurs, mais le décor lui-même : les tours en plexiglas mobiles participent à la danse. Ce spectacle lui vaut son 7e Tony Award.

Bennett remporte au total 7 Tony Awards et 3 Drama Desk Awards au cours de sa carrière. Il est diagnostiqué avec le SIDA en décembre 1985 et décède le 2 juillet 1987 à 44 ans, à Tucson, en Arizona. Sa disparition prématurée reste l'une des grandes tragédies du théâtre américain.


4. Susan Stroman : la conteuse visuelle

Née en 1954 · Comédie visuelle et narration · 5 Tony Awards

Susan Stroman (née le 17 octobre 1954 à Wilmington, Delaware) est la première femme à avoir remporté simultanément le Tony Award de la meilleure chorégraphie et de la meilleure mise en scène pour le même spectacle. Elle est aujourd'hui l'une des figures les plus respectées de Broadway.

Sa carrière décolle en 1987 quand elle chorégraphie une reprise Off-Broadway de Flora the Red Menace. Hal Prince la remarque, et elle enchaîne les collaborations prestigieuses. En 1992, Crazy for You lui vaut son premier Tony Award pour la chorégraphie.

Son œuvre maîtresse arrive en 2001 : The Producers, la comédie musicale de Mel Brooks. Elle dirige et chorégraphie un spectacle qui remporte un record absolu de 12 Tony Awards, dont meilleure mise en scène et meilleure chorégraphie pour Stroman. Elle est la première femme à réaliser ce double exploit.

Avant cela, en 2000, elle co-crée Contact pour le Lincoln Center : un « ballet-théâtre » en trois actes sans dialogue, entièrement raconté par la danse. Le spectacle remporte le Tony Award de la meilleure comédie musicale, et une captation PBS lui vaut un Emmy Award en 2003.

Au total, Susan Stroman cumule 5 Tony Awards (4 pour la chorégraphie, 1 pour la mise en scène), 2 Olivier Awards, 5 Drama Desk Awards et le George Abbott Award for Lifetime Achievement. Elle est membre du Theater Hall of Fame depuis 2014.

Son style mêle comédie visuelle précise, narration par le mouvement et inventivité formelle : chaque pas sert l'histoire, jamais l'inverse.


5. Andy Blankenbuehler : le modernisateur

Né en 1970 · Hip-hop et fusion contemporaine · 3 Tony Awards
chorégraphie hip-hop sur scène comédie musicale
Le hip-hop entre au cœur de la comédie musicale américaine sans en trahir les exigences narratives.

Andy Blankenbuehler (né le 7 mars 1970 à Cincinnati, Ohio) est le chorégraphe qui a amené le hip-hop au cœur de la comédie musicale américaine, sans jamais trahir les exigences narratives de Broadway.

Après une longue carrière comme danseur sur Broadway (Fosse, Contact, Saturday Night Fever), il passe à la chorégraphie. Sa première grande occasion : In the Heights (2008), la comédie musicale de Lin-Manuel Miranda sur la vie dans un quartier latino de New York. Il remporte le Tony Award de la meilleure chorégraphie en 2008, ainsi que le Drama Desk, l'Outer Critics Circle et le Lortel Award.

Mais c'est Hamilton (2015-2016) qui change tout. Blankenbuehler fusionne ballet, hip-hop, jazz et danse contemporaine pour raconter la vie d'Alexander Hamilton. Sa chorégraphie est décrite comme indispensable au récit de la comédie musicale. Il remporte son deuxième Tony Award pour la meilleure chorégraphie en 2016, ainsi que l'Olivier Award à Londres.

En 2017, il signe Bandstand et remporte son troisième Tony Award : trois victoires en dix ans, un exploit rare. En 2018, il fait partie de l'équipe créative d'Hamilton honorée aux Kennedy Center Honors.

Son approche est unique : il superpose la danse au dialogue et aux transitions de scène, refusant les « dance breaks » gratuits. Chaque mouvement porte une intention narrative précise. Si le sujet vous intéresse, notre article sur les styles de danse hip-hop détaille les techniques qu'il puise dans cette culture.


6. Twyla Tharp : la pionnière de la fusion

Née en 1941 · Fusion classique et contemporain · Plus de 160 œuvres
danse contemporaine fusion ballet classique chorégraphie moderne
Le « ballet crossover » : mêler danse classique et contemporaine dans une même pièce.

Twyla Tharp (née le 1er juillet 1941) est l'une des chorégraphes les plus prolifiques et les plus inclassables de l'histoire de la danse américaine. Elle a créé plus de 160 œuvres : ballets, spectacles télévisés, films, comédies musicales et même des routines de patinage artistique olympique.

En 1965, elle fonde sa propre compagnie, Twyla Tharp Dance. Dès 1973, elle chorégraphie Deuce Coupe pour le Joffrey Ballet sur la musique des Beach Boys, considéré comme le premier « ballet crossover », mêlant danse classique et contemporaine. Elle invente littéralement un genre.

Sa collaboration avec Mikhaïl Baryshnikov sur Push Comes to Shove (1976) est saluée comme l'exemple parfait du ballet de fusion. Elle travaille ensuite pour l'American Ballet Theatre, le New York City Ballet, le Ballet de l'Opéra de Paris et le Royal Ballet.

Son grand succès à Broadway arrive en 2002 avec Movin' Out, une comédie musicale entièrement dansée, sans dialogue, construite sur les chansons de Billy Joel. Le spectacle tient l'affiche pendant 1 331 représentations et remporte le Tony Award de la meilleure chorégraphie en 2003, ainsi que le Drama Desk Award. Il est nommé 10 fois aux Tony.

Tharp reçoit également deux Emmy Awards, 19 doctorats honorifiques, la Médaille nationale des Arts (2004) et les Kennedy Center Honors (2008). Elle est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences.

Son style — précision technique, humour, nonchalance, mélange de registres radicalement différents — reste une influence majeure pour toute une génération de chorégraphes classiques et contemporains.


7. Rob Marshall : du théâtre au cinéma

Né en 1960 · Cinéma musical · 1 Tony Award, 6 Oscars pour Chicago

Rob Marshall (né le 17 octobre 1960 à Madison, Wisconsin) est l'homme qui a relancé le film musical hollywoodien au XXIe siècle. Frère de la chorégraphe Kathleen Marshall, il commence sa carrière comme danseur et chorégraphe à Broadway après avoir obtenu son diplôme de l'université Carnegie Mellon.

Il chorégraphie plusieurs productions à Broadway, dont Kiss of the Spider Woman et Cabaret (1998, avec Sam Mendes), qui lui vaut un Tony Award. Ses talents attirent l'attention d'Hollywood.

En 2002, il réalise l'adaptation cinématographique de Chicago, la comédie musicale de Bob Fosse. Le film est une révolution : il remporte 6 Oscars, dont celui du meilleur film, et relance le genre du film musical après des décennies d'absence. Marshall est nommé aux Oscars, aux Golden Globes et aux BAFTA pour la meilleure réalisation.

Il enchaîne avec Nine (2009), adaptation du musical de Broadway avec Daniel Day-Lewis, Marion Cotillard, Nicole Kidman et Penélope Cruz (nommée aux Oscars). Puis Into the Woods (2014), avec Meryl Streep, Emily Blunt et James Corden, une adaptation de la comédie musicale de Stephen Sondheim.

Sa filmographie pour Disney comprend également Mary Poppins Returns (2018) et The Little Mermaid (2023). Marshall reste le réalisateur de référence pour les adaptations cinématographiques de comédies musicales, alliant sa maîtrise chorégraphique à une vision cinématographique précise.


8. Casey Nicholaw : l'énergie contagieuse

Né en 1962 · Comédie et numéros d'ensemble · 13 nominations aux Tony Awards

Casey Nicholaw (né le 6 octobre 1962 à San Diego, Californie) est le maître incontesté du numéro comique à Broadway. Sa signature : des chorégraphies d'une précision redoutable, portées par une énergie qui fait se lever les salles.

Il commence comme danseur sur Broadway (Crazy for You, Victor/Victoria, Thoroughly Modern Millie) avant de passer à la chorégraphie avec Spamalot en 2005. Sa carrière de metteur en scène-chorégraphe décolle avec The Drowsy Chaperone (2006), qui lui vaut ses premières nominations aux Tony Awards.

Son grand tournant : The Book of Mormon (2011), co-mis en scène et chorégraphié avec Trey Parker. Le spectacle satirique remporte le Tony Award de la meilleure mise en scène et l'Olivier Award de la meilleure chorégraphie à Londres. La comédie musicale dépasse les 3 000 représentations à Broadway.

En 2014, il signe Aladdin pour Disney à Broadway, un spectacle qui se joue encore au New Amsterdam Theatre et a accueilli plus de 7,2 millions de spectateurs. En 2018, il dirige et chorégraphie Mean Girls, nommé aux Tony Awards pour la mise en scène et la chorégraphie.

En 2023, après six nominations infructueuses, il remporte enfin son Tony Award de la meilleure chorégraphie pour Some Like It Hot. Au total, il cumule 13 nominations aux Tony Awards.

Son style : des numéros d'ensemble explosifs, une précision comique millimétrée, et une capacité à transformer n'importe quelle scène en showstopper.


9. Savion Glover : le maître des claquettes

Né en 1973 · Claquettes percussives · Tony Award 1996
claquettes tap dance chaussures danseur sur scène
Chez Glover, les pieds ne dansent pas seulement : ils jouent d'un instrument.

Savion Glover (né le 19 novembre 1973 à Newark, New Jersey) a redonné aux claquettes une puissance et une gravité qu'on ne leur connaissait plus. Là où le tap classique cherchait l'élégance et le sourire, Glover cherche le son, la frappe, le rythme brut.

Enfant prodige, il fait ses débuts à Broadway à 12 ans dans The Tap Dance Kid (1984), dont il finit par reprendre le rôle-titre. En 1989, Black and Blue lui vaut une nomination au Tony Award alors qu'il n'a que 15 ans. En 1992, il partage la scène avec Gregory Hines dans Jelly's Last Jam.

Sa consécration arrive en 1996 avec Bring in 'da Noise, Bring in 'da Funk, un spectacle qui retrace l'histoire afro-américaine à travers le rythme. Glover en signe la chorégraphie et remporte le Tony Award de la meilleure chorégraphie.

Sa technique, qu'il appelle le « hitting », consiste à attaquer le sol de tout son poids pour en tirer un son plein et grave. Il revendique une filiation directe avec les maîtres qui l'ont formé — Gregory Hines, Jimmy Slyde, Lon Chaney, Dianne Walker — et considère le tap comme un instrument de percussion à part entière plutôt que comme un art décoratif.

Au cinéma, il assure la capture de mouvement et la chorégraphie des claquettes du personnage de Mumble dans Happy Feet (2006), portant son art auprès d'un public mondial.


10. Kamel Ouali : la comédie musicale à la française

Chorégraphe et metteur en scène français · Comédie musicale et cabaret
comédie musicale française chorégraphie spectacle sur scène
La comédie musicale française des années 2000 doit beaucoup à un seul chorégraphe.

Kamel Ouali est le nom qui a porté la comédie musicale française à grande échelle au tournant des années 2000. Formé à la danse hip-hop et jazz, il impose un style spectaculaire, très visuel, où les grands ensembles et les effets de mise en scène priment sur la retenue.

Sa première grande signature est Les Dix Commandements (2000), l'un des plus gros succès de l'histoire du spectacle musical en France. Il enchaîne avec Le Roi Soleil (2005), qu'il met en scène et chorégraphie, puis Cléopâtre, la dernière reine d'Égypte (2009) et Dracula, l'amour plus fort que la mort (2011).

Le grand public le découvre surtout à la télévision, où il dirige les chorégraphies et forme les élèves de Star Academy sur TF1. Cette exposition fait de lui, pendant une décennie, le chorégraphe français le plus identifiable auprès du public.

Son apport ne se mesure pas en Tony Awards mais en accessibilité : il a démocratisé la comédie musicale en France, un genre longtemps perçu comme anglo-saxon, et formé une génération entière de danseurs professionnels français.


Ce qu'ils ont en commun

Une chose relie ces dix parcours : aucun ne s'est contenté d'illustrer une musique. Fosse a fait du corps contraint un langage, Robbins a fait porter le récit par le mouvement, Bennett a transformé des confidences de danseurs en spectacle, Blankenbuehler a fait entrer une culture de rue dans un théâtre de Broadway.

Leur influence dépasse largement la scène : elle se retrouve dans les clips, la publicité, les spectacles d'entreprise et jusqu'aux chorégraphies de soirée que tout le monde reproduit sans en connaître l'origine.


Sources utiles